GÉO HAM

SA VIE

 

NÉ à Laval, le 18 septembre 1900, Géo HAM, de son vrai nom Georges Hamel, fut l'historiographe des compétitions aéronautiques et automobiles entre les deux guerres et jusque dans les années soixante, comme Édouard Montaut l'avait été à la Belle Époque.A partir de 1919, par le texte et le dessin, il collabora à la presse spécialisée: la Vie aérienne, l'Auto, Automobilia, l'Air. Il y fit le récit des grands raids, ceux de Costes, de Le Bris et de tant d'autres, de la Coupe Michelin. Il assura des reportages sur l'épopée de l'Aéropostale, sur la liaison France-Chili, la traversée de la Cordillère des Andes par Guillaumet, et, comme correspondant de guerre, sur les conflits d'Éthiopie et d'Espagne,


Pour l'illustration, il écrivit et dessina l'Histoire de l'Aéronautique et les numéros spéciaux consacrés aux salons de l'aviation et de l'auto de 1930 à 1941.

Ses compositions précises et raffinées illustrèrent un nombre considérable d'ouvrages parmi lesquels les Grands Raids d'avions de Jacques Mortane, PSU de Duret (1938), L'Album Mermoz, Guillaumet, Aviation de France (1944), Bataille dans le ciel, Tour du monde en avion, le Guynemer du Général René Chambe, Adder du Colonel Castex, Robert Benoist, SaintExupéry, etc. Enfin, le plus précieux aux yeux des bibliophiles : Les 24 Heures du Mans (1949) en collaboration avec Roger Labric.

D'une créativité inlassable, Géo Ham s'adonna avec bonheur à d'autres disciplines. Des croquis pointus saisissent au vol la personnalité de ses amis pilotes.

Surtout, il est le maître sans égal des affiches Art Déco annonçant les meetings et les courses dans lesquels les avions et les bolides fonçant sur le spectateur ou s'enfonçant dans le champ, donnent le vertige. Cette réussite découlait de la maîtrise d'un trait de virtuose et d'une connaissance parfaite du sujet, car lui-même, payant de sa personne, participa entre autre à la Coupe Dunlop en 1930, à l'Aérospatiale en 1931, et « navigua» des rallymen talentueux au Monte-Carlo jusque dans les années cinquante.

En 1940, son courage lui valut la Croix de Guerre : « ... détaché à titre de volontaire pour conduire de jour comme de nuit sur des routes arrosées par l'aviation adverse... A pris part spontanément à la défense du Pont de Garigliano,utilisant l'arme d'un blessé et ne s'est replié qu'après épuisement des munitions.»

Ses obsèques se déroulèrent à la Chapelle du Val de Grâce le 30 juin 1972.

Hervé POULAIN
Automobiles Classiques - Déc, 92,

De 1940 à 1950 ,il va «croquer» tout le monde de l'automibile dans la revue AAT et l'Automobile. Tous ses amis pilotes auront droit à leur caricatures. Il n'oubliera pas les personnalités agissantes dans le milieu du sport automobile et motocycliste.



Gordini

De 1950 à 1963 il couvrira plusieurs revues "Englebert" et affiches de rallye (DSà Monte Carlo), publicité pour kleber colomb,nouveaux modéles de voitures(Marathon).

 

En 1956, il illustrera l'album cinquantenaire de l'ACO dans le même esprit que le livre de son ami Roger LABRIC.


 

SON PARCOURS

 

 

Géo Ham à Angoulème

 

PARCOURS

En 1951, Adrien Bruneau, Directeur-fondateur du Musée-École de la Perrine suscite dans notre établissement municipal l'exposition « Art et Locomotion».

L'intention déclarée de l'ancien Inspecteur Général de l'enseignement du dessin, est de relier la création artistique aux progrès de la technologie: la science n'est-elle pas un art, l'art n'est-il pas une science ? D'ailleurs, ces deux orientations de l'action humaine conjuguent également lignes, formes, couleurs, volumes et... méthode. De surcroît, Adrien Bruneau reste fidèle à l'esprit des premières expositions de la Société Mayennaise des Arts Réunis dénommée dans la deuxième moitié du XIX siècle : la Société de l'industrie.

AUTO EN COURSE

Le contenu de l'exposition « Art et Locomotion » nous est précisément connu par les archives de l'école. L'on sait ainsi que les déplacements dans les trois éléments : air-terre-mer, furent évoqués au travers de textes éducatifs, de maquettes, de moyens de locomotion grandeur nature et d'oeuvres d'art les représentant en une multiplicité d'aspects. Géo Ham, ancien et excellent élève à Laval du professeur Kéringer et d'Adrien Bruneau à l'École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, artiste reconnu, eut une place de choix dans cette manifestation. Il se déplaça pour le vernissage comme en témoigne un article de presse, Les personnalités, les journalistes, reprirent alors sans discernement le qualificatif de «peintre de la vitesse ». Des dessins d'enfance récemment acquis prouvent en effet sans ambiguïté qu'il fut manifestement influencé dès son plus jeune âge par le prédécesseur de talent que fut l'artiste français Ernest Montaut. Peintre de la vitesse, Montaut le fut avec brio; des premières aquarelles détaillées dotées de 1898 le style de ce précurseur va vers une simplification puissante utilisant toutes les ressources graphiques de la composition.

 

 

Géo Ham et Loewy

 

L'organisation judicieuse des différents plans instaure la profondeur de l'espace représenté, la perspective est volontairement faussée pour accentuer la notion de vitesse. Dans le même propos le hors cadre est souvent utilisé. La touche : large et spontanée, précise et incisive, joue aussi un rôle essentiel dans le rendu de cette émotion et le souci documentaire : les lieux et les automobiles sont reconnaissables.

En mai 1913, lors de la course d'autos et de motos de Laval, le jeune Georges Hamel alors âgé de 13 ans, transpose avec une maîtrise déjà remarquable, les bolides qui passent devant ses yeux émerveillés. Il a parfaitement compris la leçon de Montaut et ajoute un autre concept afin d'exacerber l'expression de la vélocité : les véhicules ne touchent plus le sol ferme, l'une des roues volontairement déformée, indique même qu'ils sont à la limite du déséquilibre fatal... Les qualités plastiques en germe dans les premiers dessins d'enfance, dont l'importance iconographique est évidente, seront parfaitement développées par l'artiste adulte. Géo Ham aura alors recours à tous les moyens du cinéma: profondeur de champ, panoramique, rapprochement, plongée, contre plongée, inserts, points de vue inhabituels, etc, Les automobiles gagnent en précision graphique sur Montaut, les moteurs semblent hurler; l'on serait tenté de parler « d'écorchés» mécaniques tant l'artiste fouille tous les aspects des bolides : véritables modèles «vivants», Les détails pertinents sont là, sans toutefois aller jusqu'à l'anecdote, qui compromettrait la dramatisation scénique.

Au niveau de la composition, les premiers plans sont omniprésents et les arrières plans fondent car ce qui importe c'est le jaillissement soudain des monstres mécaniques. Géo Ham use constamment du contraste dynamique entre l'immobile et le mobile, le flou, le précis, l'achevé, l'inachevé, L'extrême concentration, la souffrance des pilotes qui osent le jeu grave de la course sont parfaitement exprimés par un trait précis, aux contours redoublés pour plus d'acuité. Les rehauts francs de couleurs primaires font de ces coureurs des figures emblématiques, des chevaliers de l'action immédiate, engagés dans le destin du circuit. Géo Ham comprend dans le sens premier de prendre en soi, ces hommes du défi de vivre, courage et angoisse conjugués, car pour notre artiste, qui échangea parfois ses pinceaux contre le volant, ils étaient assurément «ses semblables, ses frères».

 

 

 

Géo Ham avec Villeneuve


 

SES OBSÈQUES

 

Hommage à GEO HAM

Bien émouvant fut le service funèbre qui, le vendredi 30 juin, suivait mon ami GEO HAM à sa dernière demeure. Nous étions en tout dix neuf personnes seulement qui avaient tenu à l'accompagner, et on se prend à méditer sur l'inexorable marche du temps qui estompe les célébrités les mieux acquises. Et pourtant, comment a-t-on pu oublier l'uvre de GEO HAM qui, pendant plus de 30 années, jeta les bases du dessin automobile moderne, à la fois sportif et vivant !

Je me rappelle une anecdote personnelle datant de 1927 lorsque, tout enfant, passionné de mécanique, je dessinais avions et voitures, un parent s'exclama « Mais, tu es un petit Géo Ham ! »...

C'était plus que flatteur car, à cette époque, nul autre que lui ne savait manier le mouvement et la technique.

En souvenir de cet ami disparu, l'Anthologie reproduit l'une de ses oeuvres les plus typiques.

Avec GEO HAM disparaît celui qui fut le premier peintre de l'automobile, bien qu'étant également celui de l'aviation. Pilote adroit et rapide, il sut transposer son enthousiasme pour la mécanique automobile à des compositions qui marquèrent son époque, culminant avec l'évocation des grandes voitures de sport et de course des années 20 et 30. Hautes en couleurs, ses gouaches n'étaient jamais statiques, traduisant cette affection qu'il portait au monde du sport.

GEO HAM, c'était le Mans, c'était Monte-Carlo, c'était Bugatti, Hotchkiss ou Amilcar.

Nous ne reverrons plus Géo fumer ses cigares en s'amusant à peindre : mais les bolides qu'il sut si bien animer continueront toujours leurs rondes.

Inoubliable. Le duel entre Louis Chiron (n° 24) et BRILLI-PERI, tous deux sur BUGATTI, au Grand Prix de Rome 1928, demeure l'une des oeuvres les plus typiques de notre ami Geo HAM.